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 Beaux-Arts de se former à la peinture. A partir des années 1880, le style
 d’Anaïs Beauvais se ressent de l’influence des deux portraitistes de la
 Troisième République. Le portrait de Jeanne Proust avec cette expression
 à la fois austère et mystérieuse – le mystère féminin était au cœur de la
 réflexion picturale de Jean-Jacques Henner – en témoigne.

 L’une de ses dernières œuvres, Le Liseur, qu’elle lègue au musée de Laval,
 présente la synthèse de ces influences accumulées au cours de sa carrière.
 La figure de l’intellectuel Darras, l’un des habitués de son Salon, y est
 présentée  dans son intérieur  que  l’on devine  presque déjà à la mode
 japonisante, à la lecture d’un ouvrage d’art, penché sur les gravures qui
 se développent dans l’édition pour amateurs. Tout de noir vêtu, jusqu’à
 la toque, concentré sur l’ouvrage, le visage subtilement modelé par des
 rehauts de blanc, il incarne cette société qui va d’Émile Zola à Marcel
 Proust et qu’Anaïs Beauvais se plut à immortaliser par la peinture.


































 Jeune fille en blanc, 1885.

 Page ci-contre : Jeanne Proust,  1875.
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